Frisettes MamanAndCo

mercredi 6 mars 2013

J'ai le coeur ravagé,

les larmes me brûlent les joues, les sanglots me coupent le souffle.

Comment imaginer que je te verrais plus? Comment accepter l'idée que le cliché tant espéré ne puisse être réalisé? Comment ne pas avoir peur d'oublier ta voix peu à peu?

Ce soir, les seuls mots qui peuvent sortir de ma bouche, tels une litanie sont "Ma Mamie. Ma Mamie". Pourquoi une telle issue après 8 semaines de réanimation? Après avoir subi tant de périodes d'endormissements suivis de réveils incertains, tant de tentatives de reprise d'autonomie respiratoire qui t'ont finalement épuisée peu à peu.

Lors d'une de mes visites, alors que tu étais endormie, je t'ai parlé de nous, de notre BabyChou, des prénoms que nous envisagions. Je suis si heureuse de l'avoir fait, même si je regrette que tu emmènes ces secrets avec toi, sans pouvoir vérifier quel serait finalement le choix final ... La semaine passée, alors que tu étais éveillée, je t'ai dit combien tu comptais pour moi. Combien j'avais encore besoin de toi. Combien je brûlais de te présenter notre Petit. Tu me disais oui de la tête ... alors que tu ne désirais qu'une seule chose: quitter ce monde qui te rendait si triste ces dernières semaines.

Nous ne pouvons pas -égoïstement- souhaiter que les personnes que l'on aime restent en vie pour ne pas avoir à leur dire au revoir. Mamie, je sais que tu n'aurais pas aimé finir ta Vie de la façon dont elle se profilait. Ces derniers jours, tu as lâché prise. Tes forces s'en sont allées petit à petit. Jusqu'à ce soir.

Ce soir, mon coeur pleure. Je sais qu'il me faudra un peu de temps pour apprendre à me replonger dans les souvenirs heureux, mais je te promets de faire un effort pour sécher peu à peu ces larmes qui roulent toutes seules sur mes joues.

Tu me manques déjà, mais crois-moi, ce n'est qu'un au-revoir. Un jour, nous nous reverrons. Ma Mamie...

mardi 5 mars 2013

Acte 1: les rideaux


L'une de mes collègues a mis au monde une petite Lalia il y a une semaine.


Lors de sa grossesse, elle a traversé de profondes angoisses liées à une suspicion de trisomie 21. Notre agence étant une vraie radio tam-tam, elle a fait le choix de ne pas en parler. Seules une collègue et moi-même étions informées de la raison de son arrêt maladie. Les mauvaises langues se sont chargées d'inventer tout un tas de raisons pour justifier cette absence soudaine. Cela m'a confortée dans l'idée que je devais à tout prix protéger notre projet d'adoption, en maintenant mon rôle de trentenaire-sans enfant-heureuse de l'être...

Face à l'incertitude sur la santé de la petite Cacahuète comme nous l'appelions affectueusement, j'ai eu envie de montrer à cette FutureMaman combien sa petite était attendue. Et ce, que le risque d'anomalie soit confirmé ou non. Je lui ai donc proposé de lui coudre quelques petits "trucs" pour la chambre.

Les parents d'origine sénégalaise souhaitaient intégrer dans la décoration un tissu africain bien précis. Après un peu de torture de méninges, la FutureMaman a jeté son dévolu sur un simple rideau en voile de notre ami suédois. Je me suis alors inspirée du rideau réalisé pour la chambre de BabyChou en intégrant une bande du tissu choisi. Je ne dois avouer que le résultat me plaît bien.

Je l'ai offert il y a quelques semaines aux parents qui furent tous les 2 très satisfaits de ma réalisation. Mission accomplie. Pour mon plus grand plaisir...

lundi 4 mars 2013

Parce que cela fait du bien

de découvrir un témoignage positif de l'adoption, je partage ce texte publié ici... Je l'ai laissé tel quel pour conserver l'humour qui se dégage de ces lignes. Bonne lecture!


Annett est née sous X et elle a été adoptée pendant sa plus tendre enfance.


Je vais avoir vingt ans dans quelques mois, et je sais depuis presque aussi longtemps que j’ai été adoptée. Je suis née sous X, ce qui signifie que je n’ai aucune information concernant mes parents biologiques. Je sais où et quand je suis née, mais je ne sais pas de qui.
À la naissance, j’ai immédiatement été isolée et nommée provisoirement par les infirmières. (Je tiens d’ailleurs à les remercier. Non vraiment mesdames, merci. Si mes parents avaient conservé votre trouvaille, j’aurai porté un prénom digne d’une actrice porno élevée chez les Ingalls). Bref, quelques jours après, j’ai été recueillie par une association et placée chez une nourrice. La légende veut que ce soit une cigogne qui m’y a déposée. J’ai des doutes, mais après tout, pourquoi pas.
Je n’y ai manqué de rien, sinon d’attention : pas facile d’être un nourrisson au milieu d’une multitude d’enfants, compliqué de recevoir l’attention nécessaire à son éveil. Paraît que j’étais passée maître dans l’art des pleurs. Toujours est-il que j’ai eu la chance d’affronter mes premiers mois de solitude dans un univers relativement stable et sécurisant.
Jai été adoptée   Témoignage bebe
Allez les gars, s’il vous plaît, venez me chercher! On dirait pas comme ça, mais je suis sympa en vrai!


L’adoption, une nouvelle naissance


Mais très vite, j’ai eu la chance d’être adoptée. Je suis donc née une deuxième fois. (C’est mon côté Jésus, je suis tellement géniale que je renouvelle l’expérience histoire que l’humanité se rende compte de la chance qu’elle a de me compter parmi les siens).
Des gens que je ne connaissais pas ont décidé de me sauver. Des inconnus ont choisi de m’aimer, de me choyer, de m’élever. Et c’est ainsi qu’a commencé la plus belle histoire d’amour de ma vie. Je pense sincèrement que notre rencontre, fruit d’un hasard absolu, fut un coup de foudre. D’aucun diront que « ce fut comme un heurt en pleine poitrine ». Je n’en sais rien, j’étais bébé.
Mais je crois que nous nous sommes adoptés. L’amour qui nous unit est indescriptible. Je n’ai pas à le juger plus ou moins fort qu’un amour « biologique ». Je sais juste que nous nous complétons. Ma mère ne m’a certes pas portée dans son ventre pendant neuf mois mais cela ne change rien. Mes parents m’ont attendue encore plus longtemps et m’ont désirée peut-être plus fort que s’ils m’avaient eu naturellement. Nous sommes conscients de la chance que nous avons de vivre une aventure incroyable. Je me dis très souvent que le destin m’a offert une chance que je n’ai pas le droit de gâcher. Je suis condamnée – ô malheur ! – à profiter pleinement d’une vie qui aurait pu être tout autre, et certainement bien pire.
Jai été adoptée   Témoignage partyhard
Et comme ça, j’ai une excuse toute trouvée pour faire la fête ! Pas folle la bête !!

Laissons X tranquille


Concernant mes parents biologiques, je ne ressens aucun besoin d’information. Je ne leur en veux aucunement. Au contraire, je trouve courageux qu’une femme ayant porté un enfant neuf mois dans son ventre ait l’honnêteté de le confier à d’autres pour lui offrir une vie meilleure. Je ne connais pas les raisons de son choix, je me garde de la juger et préfère me dire qu’elle a fait ce qui était le mieux pour tout le monde. Elle ignorait ce qui m’attendait, mais elle se savait incapable de me l’offrir et je l’en remercie. Je ne sais pas si à sa place j’aurais eu le courage de cet aveu de faiblesse.
Souvent, quand je partage cette histoire avec des ami-e-s, la question la plus fréquente concerne mon désir d’informations. Je comprends qu’il soit difficile d’envisager qu’on puisse ne pas vouloir savoir. Mais c’est mon cas. Ma vie actuelle me satisfait pleinement et je n’ai pas besoin de la combler avec une quelconque vérité que je juge aussi inutile que potentiellement décevante. Alors voilà, je m’accorde parfois le droit de rêver à une ascendance royale (ça c’est en général après une chute un peu lamentable du genre oubli malencontreux de trois marches dans un escalier bondé. Je me ressaisis, lève la tête, et de mon port altier je méprise mes spectateurs en pensant au sang bleu d’un pays lointain et merveilleux qui coule dans mes veines) ou à des gènes de savant fou (besoin de reconnaissance intellectuelle, tout ça tout ça). Mais en vrai, j’aime ma vie, la vraie.
Je ne vis pas cette histoire comme un abandon. Il a eu lieu, c’est certain. Mais je ne veux pas de ce mot dans mon histoire. Je crois qu’il était un mal nécessaire qui m’a permis de vivre la vie qui m’appartient et que je n’échangerais contre rien au monde. J’ai la chance d’avoir des parents formidables, une famille incroyable et des amis fantastiques. Je refuse de tout gâcher avec un mythe fondateur douteux et illusoire.
Jai été adoptée   Témoignage juno   
Et puis, je suis sûre que moi aussi, c’était d’un ensemble «sweat-bordeaux-bandana-en-éponge-jaune-affreux» dont on a voulu me protéger.


Let’s talk about happiness


Mon adoption n’a jamais été un tabou. Depuis mon arrivée, mes parents m’ont toujours dit la vérité. Ils ont suivi le conseil intelligent des psychologues qu’ils avaient consultés pendant la procédure d’agrément et je les en remercie. J’aurais certainement très mal vécu d’apprendre la nouvelle d’un seul coup. J’ai toujours connu mon histoire, elle a toujours fait partie de moi. Elle est une part de celle que je suis et j’en suis fière. Ainsi, je n’ai aucun mal à en parler. J’ai même tendance à être tellement à l’aise avec le sujet que mes interlocuteurs sont parfois décontenancés.
C’est ainsi que je me permets un petit conseil. Si parmi vous certain-e-s envisagent d’adopter, par pitié, parlez-en avec votre enfant. C’est son histoire tout autant que la vôtre et il a le droit, sinon le besoin, de savoir. Je peux vous promettre qu’il vous sera éternellement reconnaissant de cet aveu. Dans mon cas, je n’hésite jamais à parler de mes doutes ou à poser mes questions concernant l’adoption à mes parents. J’estime que je leur dois bien ça et que c’est une condition sine qua non à la relation de confiance qu’ils ont choisi d’instaurer au début de notre histoire.
Cependant, je suis tout à fait consciente que mon histoire n’est pas universelle. Non pas que toutes les autres adoptions se passent mal, au contraire (et heureusement !), mais des milliers de facteurs entrent en jeu. La loi encadre la procédure, mais rien n’assure l’osmose entre les différents acteurs. Oui, il est plus facile de vivre son adoption sans encombre quand on est de la même couleur de peau que ses parents. Ce n’est pas nous que ça dérange, mais les remarques pertinentes d’un gamin de sept ans qui pointe son index accusateur à la sortie de l’école avec un « Eh, mais c’est même pas ta mère ! Vous n’avez pas la même peau ! » ne sont pas toujours facile à vivre. De même, les fameuses questions existentielles qui apparaissent à l’adolescence peuvent aussi être une étape à franchir. On peut aussi avoir vécu une enfance si compliquée que le futur est un fardeau. C’est une histoire d’amour, elle ne répond donc à aucune règle.
Mais mon témoignage n’est pas un modèle. Je ne prétends aucunement m’exprimer au nom de tous les enfants adoptés. Fière de mon histoire, forte de mon expérience et portée par l’amour de mes parents, j’entends simplement affirmer que l’adoption reste une histoire incroyable. Oui, l’Amour est partout et parfois il réserve d’excellentes surprises.

dimanche 3 mars 2013

La journée d'hier

s'est terminée en présence de 5 de nos nièces. Rien que cela.

Il faut dire qu'avec le début des vacances, nous étions quasi assurés de trouver tout ce petit monde chez ma Belle-Maman.

Les 3 grandes se sont mises en mode "sortie" avec tous les questionnements liés à la tenue, la couleur du maquillage, les garçons qui seraient présents ou non. Tout cela sans oublier de répondre aux textos qui arrivaient en rafale sur les portables.

Après leur départ en fanfare, nous avons pu profiter des 2 dernières. Nous avons eu droit à la robe de princesse accompagnée de talons, à l'inventaire des poupées Monster High, les cheveux longs ont été nattés,  Tonton a été grondé pour avoir taquiné les petites ce qui les a bien fait rire d'ailleurs. A table, Tata a pu tester son pouvoir de conviction et j'ose dire que je m'en suis plutôt bien sortie avec la négociation.

Mon moment préféré? Celui du coucher sans aucun doute. Après la mise en pyjama et le brossage des dents, elles se sont fourrées sous la couette et je me suis fait plaisir ... en leur lisant une histoire. La plus grande était fatiguée et ses yeux se fermaient au fur et à mesure des pages qui défilaient. La plus petite écoutait avec attention et n'attendait qu'une seule chose: ponctuer l'histoire à grand renfort de Ahhhh ou de Ohhhh. Au moment d'éteindre la lumière, elle a bien tenté le stratagème de la grande soif, mais finalement elle a bien du comprendre que je ne me laisserais pas avoir, car j'ai pu quitter la chambre tranquillement.

Oh je ne suis pas dupe. Je sais bien que les fripouilles ne sont pas toujours aussi conciliantes, et qu'elles ont été mignonnes pour faire plaisir à leur Tata. Mais au moins, j'ai pu leur donner un peu de mon attention, et elles ont pu en profiter. Elles n'imaginent pas à quel point j'ai hâte de leur présenter leur cousin(e)... Vivement  que nous puissions observer tout ce petit monde évoluer ensemble ...

vendredi 1 mars 2013

Recroquevillée à l'intérieur,

dans un mécanisme de défense maximum. Voilà dans quel état je suis. Rien que cela.

2 jours de migraine insoutenables m'ont conduite vers un rendez-vous express avec mon ostéopathe. C'est avec soulagement que j'ai franchi la porte de son cabinet après une journée difficile à supporter.

Dès les premiers instants, elle a compris qu'elle allait avoir du travail. Et la séance l'a confirmé. Tout est tendu, tout est comprimé. Ma tête plus que tout. Elle et moi, nous nous connaissons bien. Nous avons donc inévitablement évoqué l'attente, mais aussi mes crises d'angoisse, mon irritabilité, la pression au travail, mon sommeil troublé moi qui suis plutôt marmotte...

Et c'est là qu'elle m'a lâchée cette description si criante de vérité me concernant: recroquevillée à l'intérieur. Cela m'a fait un choc tant l'image m'a parue coller à ma peau. Sans que je me sois rendue compte que c'était à ce point. A force de toujours faire semblant, on en oublie à quel point ce que nous vivons est difficile, à quel point nous en bavons. A force de veiller à ne pas trop nous plaindre, nous finissons par imaginer que tout va bien et qu'il est normal d'attendre tant de temps pour que notre BabyChou pointe le bout de son nez.

Alors je me suis laissée aller entre ses mains pour que les tensions quittent ma boîte crânienne douloureuse. Elle a réussi à me soulager face à l'urgence de ma demande, mais nous avons tout de suite convenu de nous revoir dans une dizaine de jours. Car il n'est pas question que BabyChou se retrouve avec une FutureMaman  complètement repliée sur elle-même! Comme dirait mon amie Patou, il est grand temps de mettre un coup de pied au fond de la piscine pour retrouver un peu la fille gaie et rigolote qui se cache depuis trop longtemps derrière son masque "je vais bien, tout va bien"...

Et vous, quel remède avez-vous utilisé pour lutter contre le poids de l'attente sur le moral et le physique?