jeudi 29 mai 2014

4 ans

Avis à celles qui n'ont pas la frite ou qui sont encore remplies d'illusions sur le monde de l'adoption, passez votre chemin.

Dire que ce 28 mai fût une journée pourrie serait un euphémisme.

Après une nuit plus que courte, j'ai passé 9 heures assise sur une chaise face à des sujets qui ne m'ont pas du tout inspirée. Qui m'ont juste donner le sentiment de subir et de ne rien maîtriser. Je vous épargne ma panique lors de la dernière épreuve et ce sentiment d'être passée à côté, de ne jamais avoir rendu une copie aussi vide de ma vie. Bref, les écrits sont finis, les dés sont jetés, advienne que pourra. Si seulement, la chance pouvait s'inverser juste une fois, ce serait un juste retour sur ce qui a déjà été enduré, non?

Retour au bercail dans un train bondé, des gens qui s'embrouillent pour une histoire de place, sans oublier ceux qui puent. Punaise, j'avais oublié: les parisiens quittent Paris pour un week-end prolongé au vert. Pas bol, je ne fais pas le pont. Il me faudra sourire après-demain et redevenir aimable...

Et puis cette sensation que j'oublie quelque chose. Sans savoir quoi. Quelque chose d'important pourtant. Je vadrouille sur Instagram comme à mon habitude -je sais, je suis une vraie droguée mais je m'en fous- et là, tout remonte en 2 secondes. Face à un cliché de beau bébé tout neuf, je chiale. Sans pouvoir me retenir. Quelle merde; j'ai 36 ans, j'ai foiré mon examen et Cherry on the cake, je n'ai toujours pas de gosse. J'ai tenté de me reprendre histoire de ne pas passer pour une hystérique mais je me demande bien pourquoi: tu pourrais crever à ta place sans que tes voisins s'en rendent compte dans ce train de banlieue.

Et puis il y a celle qui m'a accompagnée toute la journée. Celle que j'ai supplié de ne pas m'abandonner encore une fois. Pas aujourd’hui. Pas avec son médaillon autour du cou comme porte-bonheur. Mamie, c'était ton anniversaire et tu aurais fêté tes 81 ans. Pas un mois sans que je rêve de toi de façon toujours aussi précise et toujours cette tristesse lorsque je me réveille et que je me souviens que tu n'es plus.

Arrivée à domicile, la seule chose à laquelle j'aspirais était de me coller devant Grey's Anatomy. Sans le verre que j'aurais bu si Cher&Tendre avait été là. Comme vous vous en doutez, j'ai chialé comme une madeleine, enfouie sous ma couverture, sentant les maux de tête pointer le bout de leur nez. Histoire de finir la journée en beauté.

Foutu 28 mai. Aujourd'hui, je t'ai détesté.

Au fait, j'ai oublié de vous préciser: cela fait 4 années que le téléphone a sonné. 48 mois que dans nos têtes, MDM est associé au Vietnam, à notre projet. Tant de mois et pas une avancée. Bitch de vie.


lundi 26 mai 2014

Faites des Mères.

L'expression n'est pas de moi, je l'ai lu il y a quelques jours sur le blog d'une FutureMaman en PMA. Et depuis, cette expression ne m'a pas quittée.

Elle est le cri que je souhaiterais hurler aux autorités internationales qui certes, affichent une volonté de protéger leurs enfants, mais qui n'ont pas forcément les actes qui donnent cette impression. Nul besoin de vous citer les pays concernés même si j'ai une pensée particulière pour le Mali, la République Démocratique du Congo, sans oublier le Vietnam...

Elle est le cri que je souhaiterais hurler à la société lorsqu'elle me fait comprendre que nous ne sommes rien tant que nous ne sommes pas des parents. Que ce soit au détour d'un film ou d'une conversation dans la vraie vie, il nous est bien difficile de ne pas subir le précepte selon lequel la parentalité est une fin en soi. Le fait de ne pas être parent alors que nous avons tout pour nous interroge, nous rend hors norme. Mais nous devons faire avec.

Elle est le cri  que je souhaiterais hurler lorsque je m'aperçois que nous avons droit à une journée de l'infertilité à 2 jours de la fête des mères. Histoire de bien remuer le couteau dans la plaie ou simplement afin que nous évitions de nous plaindre ayant eu "notre" jour 48 heures avant. Sachant que cette journée n'aura toujours pas permis au plus grand nombre de faire la différence entre stérilité et infertilité ...

Et enfin, c'est le cri que j'ai eu envie de pousser hier toute la journée. Parce qu'à moins de vivre dans une grotte, il m'aurait été bien difficile d'oublier que je n'ai pas d'enfant. Une de mes amies m'a adressée ses encouragements en début de journée, elle se doutait de ce que j'allais affronter. J'ai tenté de faire la fille détachée toute la journée mais je dois avouer que les réseaux sociaux ne m'ont pas aidée: il était grand temps que j'aille me coucher...

Vous l'aurez compris, hier était une journée de cris. Mais soyez rassurés, les voisins ne se sont pas plaints. Ces cris, comme toujours, se sont fait en silence. 

jeudi 8 mai 2014

Ce n'est pas parce que nous sommes sur le bas-côté,

que nous ne devons pas soutenir les autres couples.

Ceux et celles qui me connaissent dans la "vraie" vie et non derrière mon écran le savent. J'essaye toujours de trouver un peu de temps pour soutenir les personnes qui vont moins bien. J'ai la chance d'avoir des amis qui nous entourent, qui n'attendent pas que le silence s'installe pour se rappeler à notre bon souvenir.
En raison de mes projets professionnels, tous ces échanges se font le plus souvent par téléphone, mais qu'importe: ils existent et c'est la seule chose qui compte.

Mais aujourd'hui, ce n'est pas de ce type de soutien dont je souhaite vous parler. Mais plutôt du soutien pour un OAA qui se bat chaque jour pour que les choses avancent. Cet OAA raisonne toujours de façon particulière dans notre coeur puisque nous savons, que ce jour du mois de novembre 2010, si nous avions dit OUI, nous serions déjà parents. La Vie est ainsi faite, ce ne devait pas être notre fil rouge...

Vivre en Famille se bat actuellement pour les dossiers des enfants bloqués en République Démocratique du Congo. Des apparentements ont été réalisés depuis de trop nombreux mois, des jugements d'adoption ont été rendus, sans que les famille n'aient de date de rencontre en raison d'un blocage en vigueur.

Zeu -dont vous avez pu voir les illustrations dans la revue Accueil de l'EFA- son mari Armand et un collectif de parents ont décidé de se mobiliser pour apporter leur soutien à VEF. De cette volonté est née un CD -dont vous pouvez découvrir des extraits- et des doudous. Toutes les ventes se feront au profit de l'OAA.

Alors que vous soyez concernés ou non par la situation de ces familles, je vous invite à cliquer ICI et à découvrir leur initiative ...

Bonne écoute à vous !

jeudi 1 mai 2014

Mon cerveau

fonctionne à plein régime. Même s'il est vrai que j'arrive à le dompter lorsque mes yeux sont ouverts, il n'en est pas de même lorsque je suis dans les bras de Morphée...

La preuve en est avec ce rêve (cauchemar!) que j'ai vécu cette semaine. Il n'est pas besoin d'aller chercher bien loin l'origine de cet événement puisqu'il est intervenu 2 jours après l'annonce d'une attribution de pupille chez les copines de parcours.

Cher&Tendre et moi étions convoqués au CG de notre département. Nous entrions dans une grande pièce où se trouvaient également un autre couple plus âgé que nous et 2 jeunes adultes. Par terre, dans un cosy, se trouvait une petite fille métisse que je pensais bien trop grande pour ce type de siège puisque ses mollets et ses pieds en dépassaient.
Nous étions debout, nous regardant en coin, et là, j'entends une voix qui nous dit qu'à ce jour, il y a de moins en moins de pupilles, et qu'ils ont donc décidé que nous devions nous partager cette petite fille.
Je me mets aussitôt à fondre en larmes. Je dis tout bas à Cher&Tendre que ce couple est bien trop âgé, qu'ils ont déjà 2 enfants, que tout cela n'est pas juste, que c'est nous qui devrions avoir le bonheur de cette petite. Jusqu'à ce qu'ils nous révèlent que non, ils sont là pour accompagner le jeune couple! A cet instant, pour moi, tout s'écroule. Je ne veux pas partager cet enfant! Je dis alors à Cher&Tendre que si cette enfant était ma fille, je ne voudrais pas lui faire subir ce partage inhumain entre 2 couples en mal d'enfant!
Je me souviens des larmes coulant à flot sur mon visage, et du moment où je lui ai dit: laissons-la, elle n'a pas mérité de vivre cela. Je ne pourrais jamais accepter une telle proposition. Même si à cause de cela, je n'ai jamais d'enfant.

Et je me suis réveillée.

Ce rêve est resté bien présent pendant plusieurs heures. A l'instant où je vous écris, il est encore vif dans mon esprit. Je l'ai raconté à Cher&Tendre qui s'est marré de voir combien mon esprit pouvait inventer des choses tordues, mais il n'a pas semblé surpris de ma réaction. 
J'en ai parlé avec une amie qui m'a tout à fait retrouvé dans mon sens du sacrifice. Et bizarrement, je ne l'avais pas vu comme tel. Pour moi, je le faisais pour l'enfant. Elle, elle y a vu ma volonté de faire plaisir aux autres.

Quant à moi, j'ai cherché une autre signification et j'ai pensé à cette image de la Bible: le jugement de Salomon. Dans ce rêve, je préférais laisser cette enfant à l'autre couple plutôt que de la voir malheureuse. Quitte à le regretter toute ma vie. Et au réveil, je me suis dit qu'heureusement, nous pouvions compter sur le conseil de famille pour faire un choix à notre place! Déjà qu'il n'est pas facile de connaître d'autres couples de notre département susceptibles d'être au même conseil de famille que nous, si en plus nous devions nous partager une garde ou nous rencontrer pour déterminer qui aurait l'attribution, ce serait juste inhumain!

Heureusement, cette aventure n'est que le fruit de ma trop fertile imagination. Mais cela veut certainement dire qu'il serait grand temps que le téléphone sonne enfin chez nous ... Enfin, je dis ça, je dis rien!