
c'était pour aujourd'hui! Rien ne laissait supposer que je me laisserai happer par cette vague lorsque j'ai débuté ma journée.
A dire vrai, tout a commencé par la découverte -sur le blog de Manon- d'une nouvelle en provenance du Vietnam. Certes, elle datait du mois de juin; mais mieux vaut tard que jamais! "Enfin ! Helviet-Adoption a reçu une proposition d’enfant de la part du Département de l’Adoption. Cette procédure suit actuellement son cours. Le Département de Hanoï a également demandé la mise à jour de sept dossiers en attente depuis de nombreux mois. Pour Helviet-Adoption, il s’agit d’un signe positif de reprise."
Il est toujours déstabilisant de lire que les choses bougent dans des pays plus "petits" que les nôtres. Il est certain que notre tour viendra, la question est de savoir quand...
Et puis arrivée au travail, une collègue appelle pour prendre de mes nouvelles. On papote un peu, elle me demande où nous en sommes pour BabyChou, je lui confirme que rien ne se passe. Et là, elle me parle d'un collègue commun que je connais bien et que j'apprécie beaucoup. Elle me dit qu'elle a déjeuné avec lui cette semaine, je lui confie que des langues bien pendues ont parlé en ma présence et que je sais donc qu'il est en procédure d'adoption. Chose qu'elle me confirme en me précisant qu'elle pense que son dossier est également au Vietnam, que le leur est également bloqué, et qu'avec son épouse ils ne recommenceront pas à la fin de leur agrément.
A ce moment, une vanne s'est ouverte en moi. Les larmes ont surgi sans que je puisse faire quoique ce soit pour les empêcher de couler. Ma voix s'est fêlée, ma gorge s'est serrée et j'ai pleuré. Je n'ai pas pu me retenir, j'ai juste réussi à rassurer mon interlocutrice en lui assurant qu'elle n'y était pour rien! Et même très bizarrement, qu'elle me faisait du bien.
Parce que pendant 10 minutes, j'ai pu dire à voix haute combien ce parcours est long, combien il me pèse, combien je déteste ces collègues indélicats à qui je dois mentir en me faisant passer pour une trentenaire aigrie qui ne veut pas de gosses pour éviter les ragots.
Après m'être calmée, j'ai pris une décision. La prochaine fois que je verrais mon collègue de parcours, je lui parlerais. Et bien, ce fût également aujourd'hui, en fin d'après-midi.
Je n'y suis pas allée par 4 chemins. J'ai fermé la porte de son bureau en lui disant que depuis plusieurs mois, je savais que nous avions un point commun, sans jamais oser lui en parler. Après lui avoir indiqué qu'il s'agissait de quelque chose de personnel, il m'a regardé en me disant: "tu adoptes". Dès que je lui ai répondu par l'affirmative, nous avons commencé à utiliser la même langue en utilisant les mots agrément, OAA, délai, pupilles, EFA... Mes yeux se sont de nouveau mouillés lorsqu'il m'a dit être en attente pour le Vietnam. Avec Enfance et Avenir.
C'est une sensation étrange que de se rendre compte que le collègue que l'on apprécie, avec qui on blague, avec qui on compare son compte épargne temps est sur le même chemin que nous. Que ses yeux sont tournés vers l'Asie pour scruter une éventuelle reprise. Tout comme nous.
Ce soir, je suis émotionnement fatiguée. Mais contente de savoir que lorsque la nouvelle de la reprise arrivera en France, nous aurons une occasion spéciale pour aller partager un déjeuner... Et je dirais qu'une seule chose: vivement!